Les différents leviers de la douleur chronique : et si on commençait par se poser les bonnes questions ?
- Emilie Ouillon
- 27 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 mars
La douleur, particulièrement quand elle devient chronique, prend toute la place. Elle mobilise l'attention, accapare l'énergie, et finit par devenir centrale dans la vie de ceux qui en souffrent.
Agir sur la douleur commence par la comprendre, par comprendre ce qui se joue en nous. Qu'est-ce qui l'influence au quotidien ? Quels leviers sont à ma disposition pour, enfin, pouvoir la soulager ?
Voici différentes portes d'entrée pour explorer votre douleur. Certaines résonneront davantage que d'autres. Vos réponses d'aujourd'hui ne seront peut-être pas les mêmes demain, et c'est tout à fait normal.
Le suivi médical
La première chose à faire lorsqu’une douleur s’installe va être de consulter un professionnel de santé, généralement son médecin traitant, qui effectuera les bilans médicaux nécessaires à l’établissement d’un diagnostic différentiel. C’est une fois ce diagnostic posé que peuvent s’organiser les stratégies pour soulager cette douleur.
Est-ce que les analyses médicales et diagnostic différentiels ont pu être effectués ? Est-ce que le traitement mis en place me semble adapté, en terme d’effets secondaires, d’observance thérapeutique ?
L’hygiène de vie et l’alimentation
Notre alimentation et notre mode de vie peuvent entretenir une inflammation chronique dans l'organisme. Il peut s’agir de déséquilibres alimentaires, d’un microbiote fragilisé, d’intolérances non identifiées, d’une consommation excessive de sucre, de caféine ou d'autres toxiques. Le sommeil, l’activité physique régulière et adaptée, ont également toute leur importance.
Mon alimentation est-elle équilibrée ? Ma digestion est-elle confortable ? Certains aliments semblent-ils influencer ma douleur ?
Est-ce que je dors suffisamment ? Mon sommeil est-il de qualité ? Est-il réparateur ?
Est-ce que je bouge suffisamment au cours de la journée, ou bien suis-je trop sédentaire ? L’activité physique que je pratique est-elle adaptée à mes capacités ?
L’aspect mécanique
Le corps est conçu pour bouger. Lorsque certaines zones se bloquent ou que le mouvement n'est pas bien réparti, les muscles travaillent trop et les articulations subissent des contraintes excessives. Des tensions s'installent et la douleur se chronicise.
Les gestes du quotidien, les postures au travail, la façon dont on se tient : tout cela a un impact.
Mon corps bouge-il librement ? Y-a-t’il des zones qui restent rigides, tendues, bloquées ? Le mouvement est-il bien réparti dans mon corps ? Certaines postures ou certains gestes créent-ils une contrainte importante ? Mon corps sait-il ajuster naturellement la tension musculaire nécessaire au mouvement et au maintient de l’équilibre ?
La respiration
La respiration est un régulateur puissant, parfois négligé. Une respiration restreinte peut amplifier les tensions et entretenir la douleur, limitant les capacités du corps à s’apaiser et à se réguler.
Est-ce que je respire de manière fluide, avec toute l'amplitude que me permet ma cage thoracique ? Y a-t-il des zones qui me semblent restreintes à l'inspiration ? Comment est-ce que je respire dans l'effort, dans le mouvement, dans la douleur ?
La sensorialité et la perception de soi
La douleur chronique peut monopoliser toute la sensorialité. Réapprendre à percevoir son corps autrement, à l'écouter, à lui faire de la place, fait partie du chemin.
Est ce que je suis en capacité de percevoir mon corps de l’intérieur ? Suis-je capable de percevoir ses signaux internes, comme la faim, la soif, la fatigue ? Est-ce que je fais de la place aux sensations autres que la douleur, comme le toucher rassurant ou la chaleur enveloppante ?
Les émotions
Le lien entre émotions et douleur n’est plus à prouver. Le système nerveux, lorsqu’il est soumis à un stress intense ou prolongé peut rester bloqué dans un état d'alerte permanent (ce que l'on appelle l'hypervigilance). Cela peut se traduire, entre autres, par des douleurs chroniques.
Mes douleurs ont-elles été en lien avec un évènement de vie difficile, un traumatisme, une période de forte charge émotionnelle ? Qu’en est-il de ma charge émotionnelle actuelle ? Est-ce que je subis une charge mentale importante, des stress au quotidien ?
Quel est mon rapport à mes émotions ? Est-ce que je sais les reconnaître, les exprimer ?
Est-ce que je sens que mon corps est toujours en alerte, en hypervigilance ? Suis-je particulièrement sensible aux lumières, aux bruits, aux imprévus, comme si tout mon environnement était un danger potentiel ?
Le comportement face à la douleur
Ces manières de réagir à la douleur sont normales, et peuvent varier selon les moments et les personnes. Il ne s’agit en aucun cas d’un jugement. La façon dont on réagit à la douleur influence son intensité et sa durée, ainsi que les stratégies mises en place pour éventuellement la soulager.
Comment je réagis face à ma douleur ? Est-ce que je me sens en lutte contre cette douleur, contre mon corps ? Est-ce que cette douleur, ou ce qu’elle implique dans ma vie, m’angoisse ? Est-ce que je l’occulte, au risque de ne pas pouvoir mettre en place de stratégie pour y répondre ? Est-ce qu’au contraire, j’ai tendance à me focaliser dessus au point que cela prenne toute la place ?
Les bénéfices secondaires
Sans aucun jugement : parfois, la douleur vient combler des besoins réels, non satisfaits autrement. Les identifier peut permettre d'y répondre différemment, pour que le corps n’ait plus « besoin » de cette douleur.
Qu’est ce que cette situation est en train de m’apprendre ? Qu’implique-t’elle, dans ma relation à mon travail, aux autres ? M’oblige-t-elle à poser mes limites, à ralentir, à m’écouter ? Et dans mon rapport à moi-même ? Me demande-t-elle de m’écouter, d’écouter mon corps ? De me traiter avec douceur ? Est-ce qu'elle m'apporte de l'attention ou de la reconnaissance que je ne trouve pas ailleurs ?
Ces questions sont des pistes, pas des injonctions. En séance, c'est ce cheminement que je vous propose d'explorer ensemble (en sachant que certaines pistes pourront également vous orienter vers d'autres professionnels de santé : nutritionniste, psychologue, hypnothérapeute…)
Décryptons ensemble ce qui se joue dans votre douleur chronique, pour que vous puissiez reprendre la main, un levier à la fois.
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